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Le blog de disams62.over-blog.com

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AVENTURE SUBANTARCTIQUE

 

 

 

...Depuis le temps, il fallait que ça arrive à nouveau....Cette expression mérite un éclairage. En effet, en 1984, mon service militaire embarqué dans la Marine Nationale durant deux années fût une étape déterminante dans ma vie de jeune homme. Période faste d'un point de vue personnel, j'y ai fait mes armes tout en appréciant la vie en solitaire. J'y ai découvert la solidarité, la fraternité, l'esprit de camaraderie, la rigueur dans un envionnement isolé, en pleine mer...à bord du DUPLEIX, corvette anti sous marine !

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Chemin faisant, je n'ai conservé que d'excellents souvenirs de cette période  tout en ayant pris une autre direction. Pourtant, j'ai hésité et ai failli m'engager tellement ça m'avait plu. Des regrets aujourd'hui? Peut-être mais en tout cas une revanche sur le passé...26 ans après, l'Océan Indien  me rappelle!

 

 

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Aujourd'hui, un cycle de vie très similaire marque à nouveau ma vie. "On revient toujours à ses premiers amours" écrivait C.G. ETIENNE.

La mer m'a toujours accompagné tout au long de ma vie, tout comme pour mes parents et mon grand-père. Elle est ma force. Indispensable à ma santé, la mer reste un inconditionnel de vie, un besoin de l'observer, d'humer l'iode et l'écouter venir mourir sur la plage.... Elle est mon support de vie, tout comme le soleil! De surcroît, l'océan Indien reste décidémment le point commun de ces deux tranches de vie...

 

 

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"j'ai toujours pensé que nous étions faits de glaise, que la vie n'a cessé de modeler. Le plus important reste donc de faire très attention à qu'elle ne sèche pas. Sinon, tout est perdu, on devient prétentieux, on s'enferme dans des certitudes, on se love dans son confortable train train quotidien, on se construit un rempart nous interdiant pour toujours l'accès  à l'émerveillement, à l'enchantement. Ensuite, malheur! plus aucune possibilité d'en sortir ni d'être extirpé, par les mains des siens de cet aveuglement plus dur que le ciment. bientôt de cette atmosphère asséchée, ^même les larmes, celles des peines ou des joies, ne vous viendront plus. De cela, vous l'aurez compris, je ne voulais pas, la mer reste probablement ma façon à moi de ne pas me déshydrater."MAUD FONTENOY  ... LE SEL DE LA VIE

 


La mer, cette inconnue

par Yan de Kerorguen, le 6/07/2009

La meilleure façon de s’initier à l’océan, c’est aussi par la littérature. En lisant...par exemple, sur la plage !

Bien qu’ils représentent plus de 70% de la planète, les océans demeurent inconnus. L’homme n’en a exploré que 5%. Ils restent encore pleins de secrets et de mystères. Eh oui, la mer est la grande absente des systèmes éducatifs. « La mer pour les français, c’est ce qu’ils ont dans le dos lorsqu’ils regardent la plage » disait le navigateur Eric Tabarly. Ce « monde du silence », cher à Cousteau « le Français le plus célèbre du monde » fascine par sa démesure mais ne se laisse pas facilement « aborder ». Pour Jules Michelet, "c’est par la mer qu’il convient de commencer toute géographie".

"La plus belle façon de s’initier à l’océan, c’est par la littérature. Chaque jour, on regardait ça : la mer écrite » dit Marguerite Duras. La « mer écrite », je la perçois comme une forme d’initiation au savoir, comme une invitation au voyage, une formation à la curiosité. La mer mène souvent vers les premiers livres. Et ces livres sont souvent initiatiques. Ulysse (Homère),    L’île au trésor (Robert L. Stevenson), Robinson Crusoe (Daniel Defoe), Vingt mille lieux sous les mers (Jules Verne), tous donnent à la mer sa grandeur. "Je n’aime que la liberté, la musique et la mer", disait Jules Verne. 162-6258 IMG

La mer et les premiers frissons, la mer et les premières amours, la mer et les premières aventures. Naviguer au loin vers les îles fortunées ou encore le voyage d’Orient auquel sacrifièrent Baudelaire ou Delacroix. J’aime ces vers de Pierre de Marboeuf (1596-1635) : « Et la mer et l’amour ont l’amer en partage. L’on s’abîme en amour aussi bien qu’en la mer. Car la mer et l’amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage. Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer, qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer. Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage ». Alexandre Dumas avouait aimer la mer comme une maîtresse. Tout comme Byron écrivant : « O mer, le seul amour auquel je fus fidèle ».

Rimbaud ne connaissait pas l’océan. C’est Jules Verne qui le lui a présenté, avec Vingt mille lieux sous les mers. Mais il savait en évoquer la présence (« Le bateau ivre ») :« La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots ». « Michelet (aussi) ne connaissait la mer que du rivage », disait Pierre Loti, qui, lui, était un vrai marin. Mais il en a écrit les plus belles pages dans son livre éponyme.
Gustave Flaubert dans une correspondance avec l’historien en reste retourné : « Vous nous donnez des rêveries immenses, avec l’atome, la fleur de sang, les faiseurs de mondes ! Il faudrait tout citer ! Vous faites aimer les phoques, on se trouve ému et on a de la reconnaissance pour vous. Quelle merveille d’art et de sentiment que votre page sur les perles, les mers polaires, la baleine ; « l’homme et l’ours fuyaient épouvantés de leurs soupirs… » On dirait que vous avez fait le tour du monde sur l’aile des condors, et que vous revenez d’un voyage dans les forêts sous-marines ; on entend le murmure des grèves, c’est comme si l’eau salée vous cinglait à la figure, partout on se sent porté sur une grande houle ».
Quant à Paul Valéry, il évoque le visage d’une mer "toujours recommencée" souriante et féconde à celui de la mer déchaînée et dévastatrice. 147-4728 IMG

Chaque écrivain projette sur la mer ses bontés ou ses frayeurs essentielles. Tel Victor Hugo qui s’effraie de l’hostilité menaçante des océans tout en étant fasciné par leur immensité animale. L’immensité fluide " respire ainsi qu’une poitrine / S’enflant et s’abaissant ". « Vieil Océan, les hommes malgré l’excellence de leurs méthodes, ne sont pas encore parvenus, aidés par les moyens d’investigation de la science à mesurer la profondeur vertigineuse de tes abîmes », écrit Lautréamont dans « les Chants de Madoror » qui en fait un monde inhumain et épouvantable.

C’est ainsi que, dans le paysage changeant de la création littéraire, souffle le murmure envoûtant de l’océan. On a besoin de l’océan pour vivre ou pour donner du sens à la vie. Olivier de Kersauson, navigateur solitaire, rêve de redevenir au fil des vagues ce premier homme. Et de citer Socrate : « Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer ».

Le mot « défi » est bien un vocabulaire de navigateur. On défie les éléments. Pour les uns, il s’agit de rivaliser avec les ancêtres qui les ont précédés sur les chemins de l’inconnu, de mesurer ses propres capacités. On se donne des preuves. La traversée de l’Atlantique à la rame. On souffre, on gèle on brûle, on expérimente ses résistances. Etre comme un poisson dans l’eau. On conquiert l’inutile. Mais au-delà des efforts qui viennent sanctionner la distinction, il y a toujours cette secrète aspiration à écouter la rumeur des siècles dans le roulement des vagues et la profondeur des abysses. Pas seulement pour ce que la mer recèle comme richesses matérielles, énergétiques, alimentaires… mais aussi ce qu’elle nous apporte de poésie, de lointain, de mystère.